Les parties néogothiques des contreforts
| Longtemps après l'achèvement du chœur de style gothique tardif (1536), on construisit, de 1754 à 1929, des parties hautes aux contreforts, pouvant atteindre 12 mètres de haut. Celles-ci furent réalisées dans le cadre de l'enthousiasme romantique pour le Moyen-Âge, en même temps que d'autres éléments néogothiques du chœur, comme les superstructures des piliers de la chapelle (1779-1784) et les moulures des balustrades (1750-1780). Leurs formes architecturales et ornementales s'inspirent du style gothique de la cathédrale mais donnent à voir, dans les détails, une utilisation très libre de celui-ci. A l'origine, des dalles de pierre plates recouvraient les piliers du chœur, comme on peut encore le voir sur trois contreforts du côté nord. Origine On ne sait presque rien de l'origine des éléments néogothiques car il n'existe que peu de documents et de plans d'époque. Les dix parties supérieures de contreforts du chœur, réalisées sur une période de près de 200 ans, sont toutes conçues différemment. Leur taille, leur forme et les détails décoratifs diffèrent les uns des autres. Pour certaines d’entre elles, des ébauches, réalisées par des tailleurs de pierre et des architectes de l'atelier de construction de la cathédrale de Fribourg (Alexander Riescher, Hieronimus Hügle, Josef Wanner, Bernhard Müller) et par les artistes fribourgeois Christian Wentzinger (1710-1797) et Franz Sales Glaenz (1810-1855), nous sont parvenues. Dommages L’extrême mauvais état des parties supérieures des contreforts est frappant. Contrairement à ce que l'on pense souvent, les dommages ne sont pas dus aux bombardements de la ville de Fribourg pendant la Seconde Guerre mondiale, mais au „grès en plaques“ (le grès en plaques regroupe plusieurs types de grès qui sont exploités dans les carrières du centre et du sud du Bade-Wurtemberg), qui ne résiste pas aux intempéries. C'est la raison pour laquelle l'atelier de construction de la cathédrale a dû, lors d'importants travaux de consolidation dès les années 1930 puis en 1963/64, retirer en grande majorité les parties supérieures des contreforts. Considérées comme des "superstructures maladroites et contraires au style" et dénigrées peu de temps après leur réalisation, on avait en effet renoncé à les restaurer par le passé. L'atelier de construction de la cathédrale est désormais confronté au défi inédit de remettre progressivement en état ces architectures uniques. La première étape a été franchie en 2024 avec la réinstallation de la partie haute du contrefort 13/14 sud, datant de 1853 et visible à l'angle sud-est du chœur de la cathédrale. |




